L’IS condamne le coup d’État militaire au Myanmar

2 février 2021

L’Internationale Socialiste condamne fermement le coup d’État militaire survenu au Myanmar lundi 1er février et appelle à la libération immédiate des leaders politiques détenus par l’armée en violation flagrante de l’État de droit. En tant qu’organisation pour qui le développement et le renforcement de la démocratie mondiale est un objectif central, ce pas en arrière est un revers sévère. Cette prise illégitime du pouvoir se double de mesures restreignant les télécommunications au Myanmar et de la crainte de nouvelles atteintes aux libertés individuelles et aux droits humains.

Un retour aux années de dictature militaire ne doit pas en aucun cas se produire au Myanmar. Bien qu'un certain progrès démocratique ait été réalisé dans le pays ces dernières années, notamment la tenue d’élections en 2015 et plus récemment, en novembre 2020, l’armée a maintenu son pouvoir et son influence sous l’égide de la Constitution de 2008 qui réserve 25% des sièges parlementaires et trois ministères aux officiers de l’armée. Ce coup d’État survient seulement quelques mois après la confirmation dans les urnes que la grande majorité des citoyens birmans veulent un leader civil à la tête de leur pays.

Alors que l’avenir démocratique du Myanmar est menacé, il est crucial de se rappeler le sort du peuple rohingya qui a terriblement souffert ces dernières années. Les forces qui ont renversé le gouvernement élu démocratiquement au Myanmar sont complices des atrocités commises à l’encontre des droits humains et de l’épuration ethnique survenues dans la province de Rakhine et ont malheureusement été défendus à la Cour internationale de Justice de La Haye par Aung San Suu Kyi. Le grand danger est de voir la situation déjà désespérée s’aggraver pour les 600 000 Rohingyas toujours présents dans la province, et la communauté internationale doit se tenir prête à agir pour éviter une nouvelle catastrophe humanitaire et protéger les droits des Rohingyas au Myanmar, ainsi que des 700 000 réfugiés actuellement bloqués au Bangladesh voisin.

Le coup d’État du 1er février n’est certes pas le premier qu’ait connu le Myanmar, mais au nom du bien-être et de la prospérité future de ses citoyens, il doit être le dernier. Outre le fait que les responsables doivent immédiatement renoncer au pouvoir et rétablir un régime civil, le Myanmar a besoin de nouvelles réformes pour s’assurer que l’armée n’exerce aucun pouvoir politique et se retrouve sous l’autorité du gouvernement démocratiquement élu. Les personnes responsables du coup d’État et des violations des droits humains au Myanmar doivent répondre de leurs actes, et les prisonniers politiques continuellement privés de libertés depuis 2015 doivent être libérés. Des mesures visant à lever la mainmise toujours exercée par les responsables militaires sur le pays, assurer une reddition des comptes et garantir les droits de l’opposition politique sont un prérequis pour une transition souhaitable depuis longtemps au Myanmar vers la pleine démocratie, avec des droits égaux pour l’ensemble de ses citoyens, quels que soient leur groupe ethnique et leur religion.

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